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Aujourd’hui, c’est l’anniversaire des 9 mois de la création de mon auto-entreprise. Un chiffre symbolique s’il en est.
Sortie du giron de l’Éducation Nationale il y a maintenant 2 ans, puis couvée sous l’aile d’une start-up qui m’a appris les rudiments du webmarketing, voilà que je donne naissance à une nouvelle version de moi-même : l’indépendante. Bienvenue au monde, jeune freelance !
S’il me reste encore beaucoup à apprendre pour grandir dans le monde de l’entreprenariat, j’avais tout de même envie de vous parler de ce qui a changé au cours de cette période. Bilan de ces 9 mois trépidants, examinés à travers le prisme des 5 sens.

1/ Ma vue s’est accrue : un horizon élargi

Jusqu’alors, mon expérience du marketing digital s’était beaucoup limitée à la rédaction web. J’aime les mots, j’aime écrire, et la professeur de Français qui sommeille toujours en moi continue à dévorer des livres en se disant que, peut-être, un jour, elle aura la fierté de tenir entre ses mains un roman qu’elle aura signé de sa plume. En attendant cette maturité littéraire, voilà quelques années que j’étais majoritairement en charge de la rédaction de contenu BtoB.
Mais depuis quelques mois déjà, mon horizon webmarketing s’est élargi. Des missions plus tactiques, comme la conception d’une stratégie Inbound de bout en bout, ou la redéfinition d’expériences utilisateurs, sont venues s’ajouter aux sempiternelles phases de rédaction d’articles et de livres blancs. Une vision qui s’étend à 360°, depuis les objectifs de mes clients jusqu’aux attentes de leurs cibles, et qui fait désormais de moi un caméléon du marketing digital.
Un petit caméléon tellement heureux dans l’adoption de ce regard étendu, que bon nombre de mes craintes pour le futur s’effacent petit à petit. Je ne crains plus d’aller au-delà de ce que je sais déjà faire, de pousser mes limites plus loin. Mon projet de déménagement à l’étranger mûrit lui aussi encore plus dans ma tête, maintenant que les peurs qui s’y rapportent laissent plutôt place à une réelle excitation.

 

2/ Mon toucher s’est façonné : une conscience du temps devenue tacite

Voici un élément qui pourrait justifier, à lui seul, ma satisfaction face à mon expérience de freelance : ma capacité à “toucher les limites de mon temps”. Auparavant, en entreprise, lorsque l’on me demandait d’estimer le temps que je prendrais à faire telle ou telle tâche, j’avais tendance à tordre le nez. Estimer le temps passé à faire une tâche dont je ne perçois pas encore les implications, qui pourrait aussi bien me prendre 2h que 6, selon mon état d’esprit ? Meh.
Aujourd’hui, en tant que freelance, mon temps est bel et bien devenu la limite de ce que je peux accomplir. Bien sûr, je peux déléguer certaines missions ; mais ça aussi, ça prend du temps. Tout prend du temps. La comptabilité. Les rendez-vous prospects, dont on ne sait pas s’ils vont aboutir à un contrat. La pause déjeuner, passée à aller chercher mon pack de Coca Light et ma salade d’endives. Tout laps de temps peut être chiffré, compté, dénombré… et, pour ainsi dire, touché, palpé. Mon temps est devenu sensible. Je comprends enfin ma chef de projet et son questionnement sur la temporalité.
Le merveilleux dans cette capacité accrue à palper l’impalpable, c’est d’enfin voir le caractère inestimable de mon temps personnel. J’ai enfin réussi à établir, notamment grâce au fait d’avoir un bureau à moi seule, les limites entre mon temps professionnel et mon temps personnel. Parce que je décide de ce que vaut mon temps. Et ça, c’est une réelle libération.

3/ Mon ouïe s’est affinée : une confiance en moi renforcée

Ah oui, en voilà une évolution qu’elle est belle : enfin, j’ai la sensation de m’écouter. Je me sens tendre l’oreille aux symptômes du stress, de l’anxiété, ou au contraire du plaisir, de l’épanouissement. Je m’écoute, et j’écoute mon instinct.
L’un des plus grands challenges a été de trouver le tarif exact que je pouvais proposer pour mes prestations. Bien sûr, un peu de benchmark m’a aidée, au début, à trouver une fourchette correcte. Mais j’ai du, à un moment précis, écouter mes propres besoins (quel salaire je veux tous les mois, de combien j’ai besoin pour me payer des vacances dans les mois à venir)… et également écouter ce que me disait mon instinct sur ce que je vaux, professionnellement parlant. J’ai appris que, pour envoyer un devis conséquent, il fallait être sûr de proposer le juste prix de ce que l’on sent que l’on peut apporter à autrui. Et je ne suis pas peu fière de dire que, ça y est, le métier rentre 🙂

4/ Mon odorat s’est aiguisé : un instinct exacerbé

Bon, avouons-le, il n’y a pas eu que des moments agréables, pendant ces 9 mois. Un peu comme lorsque l’on vit des nausées en début de grossesse, j’ai du apprendre à maîtriser ce que je “sentais” ou “ne sentais pas”. Notamment au sujet de mes propres prospects : j’ai appris à sentir leur aura, et à faire confiance à cet odorat qui me dit : n’y vas pas.
Certaines collaborations n’ont pas été toutes roses. Paiements retardés, organisation erratique, flou artistique autour des conditions de livraison des prestations… Ces expériences pas toutes roses, avouons-le, ne sentaient pas la rose dès le début ! Mais le manque d’expérience, et ma naïveté des débuts, m’ont fait plonger tête dedans jusqu’au cou, et sentir a posteriori combien j’aurais du faire confiance à mon nez, avant tout. Désormais, une espèce de checklist mentale m’accompagne dans chacun de mes rendez-vous prospects, et au fil des premiers échanges. Le nez, ça se travaille aussi !

 

5/ Mon goût s’est affirmé : un véritable kiff !

Toutefois, et malgré ces instants plus compliqués, jamais je n’ai remis en question cette décision d’être freelance : j’ai développé un réel goût à l’indépendance ! Maîtrise de mon temps, des missions dans lesquelles j’ai envie de m’investir, de mes relations avec mes clients… Capacité à jongler avec 6 projets à la fois, à développer la notoriété de mes clients et à ne pouvoir que me féliciter, à accepter des responsabilités parfois lourdes… Tout ça a, finalement, le goût de l’ambition, de la volonté, et du plaisir de bien faire. Même la comptabilité, j’y prends goût… c’est vous dire… 🙂

Eléonor

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